LE JAPON INAUGURE SA PREMIÈRE BRIGADE D'INFANTERIE DE MARINE DEPUIS 1945

Samedi 7 avril, la Force Terrestre d’Auto-Défense Japonaise (GSDF) a inauguré sa première brigade d’unité de Marine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette brigade, créée officiellement le 27 mars 2018 est appelée suirikugidoudan, ou Brigade de Déploiement Rapide Amphibie (BDRA) en français. Elle est stationnée à Camp Ainoura, à Sasebo, grand port militaire dans la préfecture de Nagasaki, à Kyushu au sud-ouest du Japon. La formation de cette nouvelle structure s’inscrit dans un élan de recomposition et de renforcement de la politique de défense du Japon.

UNE BRIGADE JAPONAISE D'INSPIRATION AMÉRICAINE

Composée de 2 100 hommes, la nouvelle brigade est un renforcement des capacités opérationnelles amphibies du Japon avec une plus grande spécialisation. Calquée sur le modèle américain des Marine Expeditionary Unit (MEU), l’influence américaine a été prépondérante dans sa formation. Si les ambitions affichées de certains pays sur des îlots japonais depuis le début des années 2000 ont alerté certains spécialistes de la défense au Japon, les officiers de la GSDF ont semble-t-il toujours été plus préoccupés par une possible invasion russe de Hokkaido que par la défense d’îlots en Mer de Chine. Néanmoins, au lobbying des États-Unis, qui ont un intérêt majeur à avoir un allié sur zone capable de se projeter, s’est greffée en 2011 après le tremblement de terre du Tohoku et le tsunami qui s’en est suivi, la réaction des forces américaines lors de l’opération Tomodachi du 12 mars au 4 mai. Durant cette opération de secours humanitaire, plusieurs régiments de Marine ont été déployés comme le « III Marine Expeditionary Force » mais surtout le 31st MEU stationné à Okinawa, au Japon, qui ont efficacement assuré le ravitaillement de nombreux Japonais.

Le retour de Shinzo Abe au pouvoir en décembre 2012, partisan d’une modification de la constitution japonaise et d’un renforcement des capacités militaires du Japon, a facilité cette acceptation d’une telle brigade dont la création a été entérinée en 2014. Cependant, avec une dotation actuelle d’une dizaine de véhicules amphibies américains, AAV-7, en en attendant une quarantaine d’autres, la brigade est encore loin des capacités opérationnelles de ses homologues américaines. De plus, les trois navires de transports Osumi sont bien insuffisants pour transporter les 52 véhicules attendus et c’est enfin sans compter les problèmes politiques et sociaux liés au déploiement du matériel, notamment aérien : l’armée japonaise compterait acquérir 17 avions de transport Osprey, mais les habitants de la préfecture de Saga où ils devaient être positionnés refusent leur présence.

UN OBJECTIF : DÉFENDRE LES ÎLOTS JAPONAIS

La création de la Brigade de Déploiement Rapide Amphibie est néanmoins une nouvelle étape dans la recomposition de la stratégie de défense du Japon. Les objectifs et menaces ont clairement été énoncées par les autorités militaires japonaises, notamment les revendications chinoises en Mer de Chine orientale sur les îles Senkaku. Dans la crainte d’un coup de force chinois pour s’en emparer, le Japon doit envisager une tentative de reconquête des îlots : c’est dans cette perspective de débarquement qu’une telle force amphibie est conçue. Mais un régiment de Marine seul ne peut rien sans appui aérien et une flotte pour l’accompagner. C’est pour cela que les journaux japonais se font aussi régulièrement l’écho, un jour de l’acquisition prochaine de F-35 dans sa version B, dite STOVL (Short TakeOff Vertical Landing, soit décollage court et atterrissage vertical) et un autre jour de l’aménagement du porte-hélicoptères Izumo en porte-aéronefs. Le F-35B permettant d’utiliser comme « base » des îlots ou un porte-aéronef.

Enfin pour parfaire leur connaissance et leur expérience, les militaires japonais participent à des exercices communs avec les Américains depuis plus de dix ans, dont, depuis 2013, un spécifiquement accès sur les débarquements : les exercices « Dawn Blitz« . Lors de la première participation du Japon en 2013, la Chine avait officiellement protesté auprès des États-Unis et demandé l’annulation des exercices. Le président Barack Obama avait alors repoussé la demande chinoise. Pékin n’est cependant pas la seule puissance régionale concernée. La Russie, avec laquelle le Japon n’a toujours pas signé d’accord de paix et avec laquelle persistent des différents territoriaux au nord de Hokkaido, dont quatre îles des Kouriles, voit aussi d’un mauvais œil cette résurgence japonaise. Les Russes ont d’ailleurs célébré le 27 mars la création de la Brigade de Déploiement Rapide Amphibie à leur façon, en envoyant pour la première fois sur l’une des quatre îles, Itouroup en russe, Etorofu en japonais, deux de leurs chasseurs les plus modernes, des SU-35S. Histoire de souligner la difficulté à protéger un archipel comme le Japon.

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