Règles du jeu, Shogi, Echecs japonais

SHOGI : LE JEU D'ÉCHECS JAPONAIS

Souvent comparé au jeu d’échecs que nous connaissons bien en Europe, le shogi est un jeu de stratégie traditionnel très répandu et populaire au Japon. Ce serait même le meilleur de tous les jeux de plateau existants si l’on se réfère à ce que les joueurs en disent. Si les règles présentent des similitudes par rapport à celles des échecs, quelques différences notables le rendent vraiment particulier et font pencher la balance vers l’un ou l’autre selon les sensibilités. Une chose est sûre : si on aime se prendre les méninges, une partie de shogi, qui peut s’étaler sur plusieurs heures selon le niveau des joueurs, est source de plaisir mélangé au défi de toujours trouver la bonne combinaison pour défaire son adversaire. Alors, si vous êtes prêt pour apprendre ce qu’est le shogi et en connaître ses règles de base, nous vous en livrons ici les rudiments. En espérant que cela procure en vous l’envie d’essayer ce jeu réputé comme l’un des jeux les plus subtils du monde. Bienvenue dans la partie !

LE SHOGI, UN JEU ANCIEN IMPORTÉ DE CHINE AU JAPON

Une histoire de Shogi de plus de 1000 ans

Le shogi, comme les échecs occidentaux, serait un descendant du chaturanga, un jeu indien dont l’origine remonte au VIème siècle. La création du shogi, dont le nom est un dérivé du mot shogun, remonte probablement à l’ère Nara, entre les années 710 et 794. Il devient ensuite populaire au cours de la période Heian (794-1185), la capitale du Japon se déplaçant à ce moment de Nara à Kyoto. Mais le premier écrit qui relate l’existence du jeu est le « Kirinsho« , écrit par Fujiwara Yukinari en 1027. On estime ainsi que le shogi a fait son apparition au Japon aux alentours du Xème siècle. À partir de ce moment, il connaîtra au cours de l’Histoire plusieurs modifications. Le plateau de jeu d’abord, appelé shogiban, a existé sous différents formats. Aujourd’hui composé de neuf cases sur neuf, il est passé par plusieurs étapes, allant de 13 x 13 cases jusqu’à 25 x 25 cases. D’abord limité à un nombre restreint de joueurs, ce n’est qu’au XVIème siècle, période d’ouverture du Japon sur le monde, que le shogi prend son essor et s’installe dans les mœurs des Japonais.

À cette époque, les joueurs étaient respectés et dotés par le shogunat. Ce haut statut fut par la suite quelque peu remis en cause sous la restauration Meiji. Le premier tournoi de shogi fut organisé en 1630 et pendant le règne du 8ème shogun, Tokugawa Yoshimune (1684-1751), un système selon lequel il se tenait une fois par an le 17ème jour de Kannazuki (mois sans déités correspondant au mois d’octobre) a été établi. Aujourd’hui, le jour correspondant sur le calendrier moderne est le 17 novembre, qui a été désigné comme « jour du shogi« . C’est en 1909 que l’Association de Shogi fut fondée et en 1924 l’Association de Shogi de Tokyo. La Fédération Japonaise de Shogi (Nihon Shôgi Renmei – 日本将棋連盟) a quant à elle vu le jour en 1997, avec aujourd’hui plus de 15 millions de licenciés. Les femmes, longtemps écartées du système, sont depuis peu admises dans le cercle très restreint des professionnels. Les niveaux entre les joueurs se distinguent selon un système de rangs, un pour les amateurs et un second réservé aux professionnels.

Des pièces du Shogi aux déplacements proches de ceux du jeu d'échecs

Le shogi se pratique à deux et chaque joueur dispose du même nombre de pièces en début de partie, c’est à dire 20. Il n’y a pas de différenciation dans leur couleur au shogi alors que celles des échecs, visibles dans ce défi incroyable de la télévision japonaise, sont blanches et noires : toutes les pièces du shogi ont une forme identique et seules leur taille, différente selon leur valeur, leur direction, pour indiquer à quel camp elles appartiennent, et un ou plusieurs kanji gravés à leur surface permettent de les différencier les unes des autres. Certaines pièces sont similaires aux deux jeux et elles ont pour la plupart à peu près les mêmes fonctions et valeurs. Les déplacements diffèrent légèrement mais en règle générale la personne qui connaît les échecs se familiarise assez rapidement avec les pièces principales du shogi. Alors que les pièces des échecs utilisent les deux premières rangées du plateau, celles du shogi occupent les trois premières du shogiban, devant chaque joueur. Les fuhyou sont les pièces les plus communes au shogi comme les Pions le sont aux échecs. Ils occupent la ligne de front et ne peuvent se déplacer que d’une case vers l’avant. Derrière la ligne de front, deux pièces occupent la rangée intermédiaire. Ces deux pièces sont le hisha et le kakugyou, avec des déplacements identiques aux Tours et Fous des échecs, à l’horizontale et la verticale pour la première, en diagonales pour la seconde. L’équivalent de la Reine des échecs n’existe pas au shogi.


Sur la troisième rangée se trouvent 5 pièces différentes. Trois de ces pièces sont uniques au shogi. La première est le kyousha qui se déplace du nombre de cases qu’il souhaite mais uniquement en vertical et vers l’avant. Le kinshou et le ginshou ensuite sont les pièces les plus particulières du shogi. Chaque camp en possède deux de chaque et leurs déplacements sont portés autant vers l’attaque que la défense. Le keima, lui, a un déplacement similaire à celui du Cavalier des échecs, sauf qu’il ne peut se mouvoir que vers l’avant (il ne peut pas partir vers l’arrière ou sur les cases horizontales comme peut le faire le Cavalier des échecs). Il reste enfin le oushou, attribué au joueur le plus gradé, et le gyokushou, pour le challenger, qui sont les pièces qu’il faut abattre pour gagner la partie. Ces deux pièces sont similaires, peuvent se déplacer d’une case de tous les cotés et être assimilées au Roi des échecs. Une fois que la partie est lancée, chaque joueur joue l’un après l’autre et le but du jeu est de capturer ou mettre en « échec » le oushou ou gyokushou. La mise en échec du oushou ou du gyokushou se dit “ote“ et la mise en “échec et mat” (plus aucune possibilité pour lui de se mouvoir sans être capturé) se dit “ote-zume“. Durant la partie, dès qu’une pièce en rencontre une ennemie, elle la fait prisonnière et prend sa place. Et durant leur déplacement, toutes les pièces, sauf le keima qui peut passer par-dessus celles qui sont disposées sur le shogiban, devront, dans le cas où elles rencontrent une pièce du même camp, s’arrêter sur la case précédente.

Les pièces du Shogi

Dans les cases bleues se trouvent les noms en japonais des pièces du shogi, leur nombre par joueur et leur équivalence dans le jeu d’échecs, s’il y a. Les cases rouges concernent l’une des règles particulière du shogi qui vous est expliquée dans le paragraphe suivant : la promotion. La pièce, une fois passée une certaine zone sur le shogiban, peut prendre un autre nom, une autre couleur et un autre mode de déplacement. Cette règle ne s’applique pas pour les deux premières pièces.

LES RÈGLES PARTICULIÈRES DU SHOGI PAR RAPPORT AUX ÉCHECS

Le parachutage des pièces prises à l'adversaire dans le Shogi

La première règle particulière qui distingue le shogi du jeu d’échecs et qui en fait toute la subtilité est celle du parachutage. Derrière ce terme se cache l’idée d’une « deuxième vie » donnée aux pièces capturées en cours de jeu. En effet, lorsqu’une pièce est capturée aux échecs, elle sort du jeu pour ne plus jamais y refaire son apparition (sauf exception pour la reine). Au shogi, une pièce capturée n’est pas « morte » pour autant. Elle reste inactive jusqu’à ce que celui qui l’a capturée décide de la remettre en jeu (au lieu d’un déplacement normal d’une pièce déjà sur le shogiban) pour son compte. Si parachuter une pièce capturée n’est pas chose évidente pour le joueur d’échecs qui n’a pas l’habitude de retoucher les pièces capturées, la règle devient très intéressante une fois qu’elle est bien appliquée et procure une large gamme de possibilités quant aux actions réalisables.

Déplacement ou parachutage, le shogi permet d’élaborer des stratégies avancées grâce aux décisions qui seront prises. Un avantage numérique n’est pas forcément synonyme d’avantage car un parachutage opportun peut changer la donne. Cette règle rend le jeu passionnant en offrant plus de possibilités qu’aux échecs et en allongeant la partie, si les forces arrivaient à se neutraliser mutuellement. C’est aussi une notion à prendre en compte quand on réfléchit sur le prochain coup de son adversaire. Il faut bien rester vigilent sur le stock de pièces qu’il a en réserve (qui doivent rester visibles et sont généralement disposées dans un petit tiroir du shogiban) pour essayer d’imaginer s’il va parachuter une de ces pièces, laquelle, à quel moment et où. Autant de questions à se poser au bon moment car, si le parachutage permet une large diversité dans les attaques, il peut aussi être utilisé comme moyen de défense et de rempart. Attaque ou défense, le parachutage est une règle capitale du shogi qui rend le jeu très prenant !

La promotion des pièces entrées dans le camp de l'adversaire dans le Shogi

Le camp de chaque joueur est composée des trois premières lignes devant lui sur le shogiban, là où sont disposées toutes ses pièces en début de partie. C’est ce que l’on appelle aussi la zone de promotion. Lorsque, au cours de la partie, on parvient à franchir la troisième ligne et à entrer dans le camp adverse, on peut promouvoir sa pièce, c’est à dire lui donner des capacités de déplacement supérieures. La pièce promue est retournée pour faire apparaître de nouveaux kanji ou des kanji de couleur rouge. Le hisha et le kakugyou, les pièces les plus faciles à faire entrer dans le camp adverse eu égard à leurs longs déplacements, pourront ainsi, une fois promues, se déplacer d’une case dans les diagonales pour le hisha et d’une case en horizontal ou vertical pour le kakugyou (les mêmes déplacements que le oushou ou gyokushou), tout en gardant leurs déplacements d’origine.

Toutes les autres pièces pourront être promues et acquérir les capacités du général d’or. A l’exception de ce dernier bien sûr et du oushou ou gyokushou. La promotion n’est pas automatique et est laissée au choix du joueur, selon sa stratégie ou l’opportunité, sauf si une pièce n’avait plus moyen de se mouvoir sans la promotion. En effet, fuhyou, keima et kyousha, une fois parvenus au bout du shogiban, ne pourraient plus bouger si elles n’étaient pas promues, leurs déplacements initiaux n’étant que vers l’avant. À noter tout de même que le parachutage dans la partie adverse ne procure pas une promotion (elle se fera sur le déplacement suivant) et qu’une mise en échec du roi peut être effectuée ainsi, sauf avec un fuhyou.

Le(s) handicap(s) dans le Shogi

Chaque joueur dispose du même nombre de pièces en début de partie, mais si le niveau est trop différent entre les deux, il peut être administré au plus avancé un ou plusieurs handicaps, de sorte que le jeu puisse être équilibré par ce nouveau partage des forces. Grâce aux règles particulières de la promotion et surtout du parachutage que nous venons de voir, le déséquilibre matériel et l’avantage numérique qui en résulte pour le plus faible des joueurs ne sont pas pour autant synonymes d’avantage tout court au shogi. Il y a normalement un ordre des pièces à retirer, à commencer par un kyousha, le hisha puis le kakugyou, etc. Les pièces retirées du jeu sont totalement anéanties, de sorte qu’elles ne pourront plus être utilisées ou parachutées en cours de jeu.

 

Disposant même d’un jour pour lui (le 17 novembre) et d’une émission télévisée au Japon, ce jeu traditionnel a encore de très beaux jours devant lui. Et ce n’est pas Sota Fuji, un jeune Japonais de 14 ans qui réalise des exploits dans cette discipline, qui dira le contraire. Du fait de ses origines asiatiques et de la difficulté d’apprentissage liée aux caractères ou kanji gravés sur les pièces, le shogi s’est moins bien répandu que le Go à l’étranger. Mais avec les innombrables stratégies qu’il permet de mettre en place, grâce aux règles particulières du parachutage et de la promotion, et les heures de jeu passionnantes qu’il peut procurer, le shogi est un jeu captivant qui mérite vraiment tout l’intérêt que lui portent des millions de joueurs dans le monde. La Fédération Française de Shogi, créée le 6 juillet 2006, est très présente lors des manifestations susceptibles de promouvoir le jeu auprès du public. Un championnat et des tournois sont organisés chaque année à travers le monde.

PARTAGEZ AVEC CEUX QUE VOUS AIMEZ !
Facebook
Twitter
Google+
LinkedIn
Pinterest
Email
WhatsApp
Print
NE MANQUEZ SURTOUT PAS...
ABONNE-TOI !
QUIZ DU JOUR !
LE JAPON EN UN CLIC

Vous avez besoin d’aide et d’infos ?
Nous sommes justement là pour ça !
Consultez tous nos articles pratiques ou contactez-nous directement si vous n’avez pas encore trouvé ce qu’il vous faut.

ARTICLES

SERVICES

CONTACT

POUR VOTRE CULTURE

les archives du Japon

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !
RECEVEZ TOUTES LES NEWS DU JAPON !
DERNIERS ARTICLES
GARDONS LA LIGNE !

Des questions ?
Fugujapon vous répond !

FUGUJAPON

〒162-0824
東京都新宿区揚場町2−20
嶋田ビル3F

Copyright © Fugujapon. All Rights Reserved.
Site internet francophone au Japon: France l Belgique l Suisse l Canada l Afrique