Hiroshima, Japon, Tomonoura, Onomochi

HIROSHIMA : LES VILLES VUES DANS LES ANIME JAPONAIS

La préfecture d’Hiroshima a été sollicitée plusieurs fois pour servir de décor dans de nombreux anime. Quand ils cherchent des lieux pour servir de cadre à leurs œuvres, les réalisateurs se servent d’endroits plus ou moins connus pour poser l’histoire autour des personnages qu’ils créent. Et dans la partie sud-ouest de l’île principale de Honshu, la préfecture d’Hiroshima, 80 fois plus grande que Paris, la onzième du Japon en termes de superficie et la douzième en termes de population avec près de trois millions d’habitants, a servi ces derniers temps de théâtre à de nombreux personnages d’anime. Si un séjour dans la préfecture, dont la ville d’Hiroshima est la capitale avec 1,2 millions d’habitants, assure au visiteur de passage une richesse culturelle, une diversité de paysages et des découvertes toutes aussi enivrantes les unes que les autres, les amateurs de ces dessins animés qui assurent la renommée internationale de l’animation made in Japan y trouveront aussi un autre intérêt. Parfois loin des sentiers battus, nous vous invitons à faire connaissance avec des lieux qui méritent une attention toute particulière. La ville de Fukuyama, la première de la préfecture quand on vient de l’est, est accessible par Shinkansen et se présente comme un point de départ idéal pour commencer notre excursion dans la préfecture et joindre les deux villes présentées ici. Connue pour être “la ville des roses” tant elles sont omniprésentes dans les rues, elle possède un splendide château médiéval qui devrait séduire le visiteur avant qu’il ne s’attaque au gros du programme, autant axé tourisme qu’animation japonaise.

TOMONOURA ET SENSUJIMA, SOURCES D'INSPIRATION DE MIYAZAKI

Si Tomonoura est connu au Japon pour avoir été le lieu de villégiature de Sakamoto Ryoma, un samurai d’un fort charisme, opposant au régime shogunal en place et décédé à l’âge de 33 ans, ce n’est pas le seul centre d’intérêt de cette petite ville portuaire de 17.000 habitants. Très facilement accessible en bus de Fukuyama, ville à laquelle elle appartient administrativement, et d’un charme tout particulier, elle n’a pas laissé indifférent un grand réalisateur japonais et l’aurait même inspiré pour un de ses films. Et au large de ce bourg pittoresque du Japon, une île au charme indéniable accueille également les visiteurs pour un séjour détente et exploration des plus inoubliables.

Le port et la ville de Tomonoura

Tomonoura, une ville qui avait pu prospérer grâce à l’attente des bonnes marées, accueille à bras ouverts les visiteurs. Paysage pittoresque à souhait, elle est très appréciée des Japonais pour la nostalgie qu’elle suscite et l’évocation de la période d’Edo (1603 – 1867) à laquelle son atmosphère générale renvoie. Le phare en pierre de 10 mètres qui en est le symbole est d’ailleurs l’un des plus grands phares toujours existants datant de cette époque. Vous pourrez y voir des pierres de plus de 100 kilos que les hommes portaient dans les temps reculés pour montrer leur force, vous passerez dans des ruelles escarpées avec de magnifiques maisons en bois qui ont gardé tout le charme d’autrefois, vous ne résisterez pas à sa spécialité à base de daurade, vous serez émerveillé par les ruines d’un château médiéval, vous vous laisserez entraîner dans le musée consacré à Sakamoto Ryoma, une grande figure historique qui fait encore rêver beaucoup de Japonais. et dont le côté romanesque a été exploité dans des jeux vidéo et des téléfilms. Vous pourrez même découvrir une maison de l’époque Edo ayant appartenu à un riche commerçant, avec ses pièces et son mobilier conservé dans l’état. La ville a mis au point une brochure en français qui présente les centres d’intérêt avec deux parcours. Le premier est centré sur les quartiers et les temples de la ville, alors que le deuxième trace les traits d’une balade tranquille pour pouvoir en apprécier les principaux. Très bien réalisée, elle est un outil indispensable à la visite et s’obtient facilement dans les centres d’informations. Les nombreux temples et sanctuaires qui composent le centre préservé de Tomonoura en font un lieu de promenade admirable qui ne devrait pas manquer de vous séduire et susciter de fortes émotions.

Un certain Hayao Miyazaki y a d’ailleurs succombé au début des années 2000. A tel point qu’il a choisi l’endroit pour “poser ses pinceaux” et tracer le décor de son film en projet. Le secret est gardé par Ghibli mais les références à “Ponyo sur la Falaise”, sorti en 2008, sont présentes dans la plupart des commerces et, en y regardant de près, on voit les similitudes entre la falaise du film de 2008 et le décor carte postale de Tomonoura. Un café nommé “Onfunayado Iroha” présente un intérêt historique (lieu où Sakamoto Ryoa a procédé à des négociations)  autant qu’artistique. Des dessins du maître de l’animation japonaise, qui y serait venu pour aider à sa restauration, y sont exposés. Associé à la magnifique vue créée par la mer calme et les îles qui la parsèment, ce café et la petite ville dans laquelle il repose devraient vous laisser des souvenirs inoubliables. Encore plus vivifiés par l’histoire légendaire d’Urashima Taro qui aurait pris ses origines dans le port. Le personnage de Tortue Géniale dans le manga – anime Dragon Ball serait une référence à la tortue sauvée par Urashima Taro. Plusieurs versions de la légende existe mais la plus commune nous apprend que la tortue a amené le jeune pêcheur au palais du dragon, situé au fond de la mer, où il a pu rencontrer une princesse. Hugh Jackman a foulé le port plus récemment quand il est venu y tourner “Wolverine, Le combat de l’immortel”, en 2012. Sans compter les drama japonais qui y ont également été filmés. Au niveau des festivals, en juillet se tient l’une des trois grandes fêtes des feux au Japon : des hommes portent trois grandes torches de 150 kilos environ !

Sensujima, l'île des merveilles

Moins de 300 yens aller-retour et dix minutes pour rejoindre cette île volcanique paisible qui baigne dans les eaux de la mer intérieure de Seto. Pour commencer, le bateau qui fait régulièrement la traversée (toutes les 20 minutes à peu près de 7h à 21h30) est très pittoresque. Reproduction fidèle de celui qu’avait Sakamoto Ryoma, le “Heisei Irohamaru” permet d’apprécier de plus près, à peine le quai quitté, l’île Bentenjima et sa superbe pagode construite au XVIIème siècle. Ce serait “la plus belle vue du Japon” si l’on se réfère aux paroles d’un moine coréen qui avait séjourné en 1711 dans la résidence située en face de l’île. La statue de Benzaiten, dieu tutélaire des pêcheurs, s’y trouve et en mai des feux d’artifice sont lancées depuis ce petit bout de terre perdu dans les eaux. Un peu plus loin, l’île de Sensujima nous attend et présente dès l’arrivée une nature luxuriante prête à nous offrir une journée ou une après-midi des plus reposantes.

Un chemin aménagé permet de faire une très belle promenade sur une partie de son littoral et d’en apprécier son caractère volcanique. On y voit des différences de couleurs assez stupéfiantes et même les traces que des coulées de lave ont laissées. Des roches accidentées témoignent également des secousses sismiques que l’île a dû subir au cours de son histoire, avec des marques de glissements inscrits dans la roche. Un hôtel étape se trouve sur le chemin, ainsi que des spots pour s’essayer au kayak de mer. Des chemins permettent aux plus courageux d’accéder aux étages supérieurs de l’île avec, si l’on a de la chance, la possibilité d’y rencontrer des tanuki, ces fameux mammifères qui appartiennent aussi au monde mystique japonais. Deux onsen se trouvent également sur l’île pour pouvoir profiter à loisir de ses eaux chaudes. Si des équipes de tournage ont plusieurs fois rendu visite à l’île pour y filmer des scènes de films, le tourisme de masse n’a pas encore touché Sensujima malgré ses superbes spots et plages. Alors, si vous êtes dans les parages, rien ne vous empêche de savourer pleinement cet endroit magnifique et préservé de la préfecture d’Hiroshima ! 

ONOMICHI ET SA CULTURE ANIME AU JAPON

A une trentaine de kilomètres de Tomonoura se trouve la ville d’Onomichi, connue pour être “une ville jardin miniature” incarnant l’âme du Japon. Facilement accessible au départ de Fukuyama par les transports (certains shinkansen s’arrêtent aussi à la gare de Shin-Onomichi qui se trouve à une trentaine de minutes à pied au nord), la ville de 175.000 habitants présente un intérêt tout particulier pour tous les visiteurs attirés autant par le côté touristique que par l’empreinte laissée par les anime. Ville pleine de charme qui attire beaucoup de touristes asiatiques, Onomichi entraînera dans des temps reculés celles et ceux qui iront se perdre dans ses rues, tout en les exposant à des paysages à couper le souffle.

Le temple Senkoji, théâtre d'un anime à succès

C’est un peu l’emblème d’Onomichi. Beaucoup de Japonais viennent visiter la ville pour ressentir un certain élan de nostalgie. Il faut dire qu’elle a résisté aux bombardements de la Deuxième Guerre mondiale et que la présence d’une multitude de vieux temples et sanctuaires lui donne un aspect authentique ainsi qu’une étiquette de véritable patrimoine culturel japonais. Le temple Senkoji se présente comme un excellent point de départ pour une visite de la ville. Perché en haut du Mont Senkoji, il est accessible par un téléphérique datant de 1957. Pour un peu plus de 300 yens (ou 500 yens aller-retour), la balade de quelques minutes nous laisse survoler un parterre splendide de sites sacrés. Parvenus au sommet, on accède d’abord à un observatoire et à un parc. Le premier nous permet de nous exalter devant un panorama prodigieux sur la ville et son suido ou chenal, une mer-rivière intérieure qui a permis au port de se développer depuis sa fondation au Moyen-Âge. Le parc ensuite a été érigé en sanctuaire de l’amour depuis les années 2000 et attire les couples venus accrocher leur cadenas en guise d’attachement éternel l’un à l’autre, à la façon du Pont des Arts de Paris. Disponibles pour 1000 yens, leur forme de cœur ne laisse aucun doute sur leur destination et apportent une touche kawaii au lieu visité par les personnages de la série “Seichi strolling”. La descente de la colline par le sentier de la littérature est lui aussi éprouvant.

La ville a attiré dans le passé les plus grands poètes japonais et ce chemin est parsemé des plus grands poèmes de Hayashi Fumiko, Matsuo Bashou et Shiga Naoya, pour n’en citer que quelques-uns, gravés dans 25 pierres. Un peu plus bas se dévoilent d’impressionnantes statues de Bouddha, une statue de Kookai, le fondateur de l’école de la parole de vérité et un pin sacré dont les branches sont soutenus par des piliers improvisés pour pouvoir passer au-dessus des visiteurs. Et ce n’est qu’après être passé par tout cela que l’on parvient au temple Senko-ji. Derrière et récemment installée, une corde d’acier permet aux plus valeureux de gravir de hauts rochers à la force des bras, après avoir fait une offrande de 100 yens. Le moine Yamagouchi, gravé dans la pierre, s’entraînait à des épreuves de force dans la montagne et a ainsi inspiré cette attraction touristique particulièrement périlleuse. Les dames sont également invitées à se confronter au rocher mais l’épreuve est à déconseiller aux non-sportifs. Un peu plus bas encore, le plus vieux bâtiment de la ville, que l’on aura pu dominer du téléphérique, est une magnifique pagode de trois étages vieille de 600 ans. Avant de retourner en ville, le décor proposé par les rues escarpées est vraiment atypique et propose une balade des plus originales et authentiques.

Les anime de la ville et le cinéma

Dans le milieu de l’animation, le décor est souvent prédéfini et fixé à l’avance, et une histoire est inventée autour. Ainsi, “Kamichu !”, une série de 2005, s’est également servie d’Onomichi, de ses sites sacrés et de ses paysages remarquables, pour tracer les aventures d’une déesse shinto adolescente et de ses amies. Tout comme “Tamayura” en 2011 et 2013, qui nous propose de suivre celles de la timide Fū Sawatari venue s’installer dans une nouvelle ville et cherchant à se faire de nouveaux amis. Ou encore la deuxième saison de “Fumiko no kokuhaku” en 2009, un court-métrage de deux minutes qui nous entraîne dans le désarroi d’une jeune étudiante nommée Fumiko. Le garçon pour lequel elle éprouve des sentiments vient de refuser son invitation à sortir avec et, morte de honte, elle décide de parcourir la ville dans une course folle. Les temples et sanctuaires ont été élevés au rang de biens culturels importants ou trésors nationaux tellement le témoignage qu’ils apportent relève d’une richesse culturelle inestimable. En faire le tour suffit au bonheur des touristes de passage tant l’âme véritable du Japon en imprègne ses bâtiments. Se perdre dans les dédales de ces ruelles n’est alors que source d’émerveillement et de plaisir sans fin.

De retour dans la ville, le visiteur pourra aller flâner dans les arcades commerçantes, longues et superbement entretenues, s’émerveiller devant la façade d’un café, anciennement bain public, avec décor d’origine et mobilier d’époque, ou encore faire du commerce authentique à Onomichi Hanpu, le dernier atelier de la ville, sur les 40 de l’époque florissante, à travailler la voile pour en faire des sacs. Enfin, s’il est cinéphile, le touriste pourra se laisser séduire par le musée du cinéma. Installé dans une très belle maison, ce petit musée nous fait découvrir des objets liés au cinéma japonais, telles des caméras, des magazines et programmes. Il dispose de 15.000 affiches de films d’époque et, seule une partie pouvant être placardée au mur en même temps, elles sont régulièrement changées. Beaucoup d’autres souvenirs liés au cinéma sont exposés, en particulier les films qui ont été tournés dans la ville. La part belle est laissée au grand cinéaste Yasujiro Ozu dont le film le plus célèbre, “Un voyage à Tokyo”, a été filmé ici en 1953. Visuellement très intéressant, c’est une visite essentielle pour toute personne intéressée par l’histoire du cinéma. Un petit tabouret grâce auquel le réalisateur se mettait au niveau du sol pour tenir sa caméra (quatre-
vingt-dix centimètres au-dessus du sol étant la hauteur de l’œil 
d’un homme assis à la japonaise), est également visible dans le musée du cinéma d’Onomichi.

 

Les amateurs d’anime japonais de passage dans la préfecture d’Hiroshima ne seront pas déçus par leur voyage. D’abord parce que les villes de Tomonoura et Onomichi regorgent de sites touristiques et culturels de toute beauté. Ensuite parce que les anime qui ont pris ces lieux comme théâtre d’action pour leurs personnages les plongeront assurément dans un autre univers dans lequel ils aimeront se laisser porter. Un peu plus loin, Hiroshima, la capitale de la préfecture, est évidemment d’un intérêt touristique et culturel éminent. N’oubliant pas son lourd passé de ville martyre, le visage qu’elle affiche reste tournée vers l’optimisme et le désir de paix universelle. Elle reste aussi le théâtre privilégié pour les dessinateurs de manga historiques et ne saurait être écartée d’une visite touristique, surtout si elle s’accompagne d’un attrait certain pour les anime.

L’OFFICE NATIONAL DE TOURISME JAPONAIS

Pour plus d’informations concernant le tourisme au Japon, nous vous conseillons de vous renseigner auprès de la JNTO, l’Office National de Tourisme Japonais et de consulter leur page Facebook intitulée “Découvrir le Japon” :

JNTO Paris
4 rue de Ventadour
6è étage du bâtiment (Maison de la Nouvelle Calédonie au RDC)
75001 Paris

Accueil du public de 9h30 à 13h00 du lundi au vendredi
(brochures en libre service jusqu’à 17h30)

PARTAGEZ AVEC CEUX QUE VOUS AIMEZ !
Facebook
Twitter
Google+
LinkedIn
Pinterest
Email
WhatsApp
Print
NE MANQUEZ SURTOUT PAS...
ABONNE-TOI !
QUIZ DU JOUR !
LE JAPON EN UN CLIC

Vous avez besoin d’aide et d’infos ?
Nous sommes justement là pour ça !
Consultez tous nos articles pratiques ou contactez-nous directement si vous n’avez pas encore trouvé ce qu’il vous faut.

ARTICLES

SERVICES

CONTACT

POUR VOTRE CULTURE

les archives du Japon

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !
RECEVEZ TOUTES LES NEWS DU JAPON !
GARDONS LA LIGNE !

Des questions ?
Fugujapon vous répond !

FUGUJAPON

〒162-0824
東京都新宿区揚場町2−20
嶋田ビル3F

Copyright © Fugujapon. All Rights Reserved.
Site internet francophone au Japon: France l Belgique l Suisse l Canada l Afrique