HISTOIRE DU JAPON : L'ÉPOQUE MODERNE (1603 - 1868)

Dans l’historiographie française, il est fait une distinction entre l’époque moderne et celle dite contemporaine, qu’on ne retrouve pas dans les écoles historiographiques des autres pays qui généralement font suivre le Moyen-Âge d’une grande période moderne, divisée en trois. Pour faciliter la compréhension de la lecture de la périodisation, le choix retenu ici est celui du modèle français car le Japon se trouve à cette époque connaître des mêmes évolutions technologiques ou géopolitiques liés à la première mondialisation qui caractérisent les XVIIème et XVIIIème siècles. En fonction des ouvrages et des historiens, on peut aussi trouver pour cette époque les termes de “moderne” ou “pré-moderne”. L’historien Michel Vié dans son Histoire du Japon intitule d’ailleurs la période qui court de 1560 à 1871, “L’État moderne”, ce qui englobe quatre périodes historiques. Pour une plus grande clarté, l’époque moderne colle ici à la période dite d’Edo.

LA PÉRIODE EDO (1603 – 1868 )

Le nom de cette ère vient du nom de la ville de Edo (future Tokyo), capitale choisie par Ieyasu Tokugawa pour administrer le pays après avoir été nommé shogun par l’empereur. Cette période est marquée, à partir de 1614 et la mort du fils de Hideyoshi Toyotomi, par une longue période de paix, seulement interrompue par quelques révoltes sporadiques. Le shogunat Tokugawa n’est pas une révolution politique dans le sens où le régime en place reste de type féodal : appelé bakuhan taisei, l’empereur se contente d’y remplir des fonctions symboliques et il allie le shogun (bakufu), qui possède plus de 25% des récoltes du pays, aux seigneurs (comme les daimyo, les plus puissants) à la tête de plus de 250 fiefs (han). Les fiefs bénéficient d’une certaine autonomie quoique très encadrée par des règlements généraux, shohatto, publiés en 1615 : il ne peut y avoir qu’un château par fief, les mariages sont soumis à autorisation du shogun, les daimyo doivent résider au moins 6 mois l’an à Edo et y laisser leur famille en otage, les fiefs peuvent être repris, etc.

C’est toute la société qui est ainsi enserrée dans un cadre rigide : le shi-no-ko-sho est l’abréviation pour désigner les quatre ordres fonctionnels du pays (guerriers, paysans, artisans et marchands) basés sur l’hérédité. Mais c’est aussi, pour offrir une reconversion aux guerriers déchus et éviter les troubles, une période de renouveau intellectuel autour du néo-confucianisme et de la mission du bushi. C’est le développement des écoles et d’une bourgeoisie urbaine qui portent les fondements de la culture traditionnelle japonaise (cuisine, cérémonie du thé, Kabuki, Sumo, ukiyo-e…). Mais c’est une période longue qui connaît surtout deux ruptures majeures, toutes deux concernant les relations du Japon avec l’étranger.

LE SAKOKU, LA FERMETURE DU PAYS

Jusqu’en 1635, le Japon s’engage dans le processus de mondialisation, commerçant aussi bien avec l’Asie et l’Europe, envoyant même en 1615 une mission diplomatique vers le continent américain et la Nouvelle-Espagne. Mais dès les années 1610, devant la fermeture progressive de la Chine et de la Corée, et par peur d’une opposition appuyée sur des intérêts étrangers, les Tokugawa adoptent des mesures isolationnistes : en 1609 interdiction pour les seigneurs de construire des navires de gros tonnage et limitation du nombre de ports ouverts au commerce, en 1635 interdiction aux Japonais de sortir du pays… Aux considérations économiques, se joignent aussi des enjeux géopolitiques comme la menace mandchoue en Chine et la chute de la Corée en 1637, l’influence du catholicisme des missionnaires portugais et la lutte avec les protestants.

En 1637, pour mater la rébellion de Shimabara à Kyushu, menée par des chefs catholiques, le shogun demande à la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales, protestante, de bombarder les rebelles. En 1639, le troisième shogun, Iemistsu Tokugawa, publie un édit, le sakoku rei, qui ferme le pays pour près de deux siècles. Cet édit expulse les Portugais de Nagasaki où ils sont remplacés par les Hollandais. Ce port est avec les Ryukyu pour la Chine, et Tsushima pour la Corée, la seule porte du Japon vers le monde extérieur. Le retour de la paix apporte une croissance économique et démographique jusqu’au début du XVIIIème siècle car facilite les échanges, des axes routiers se développent et le commerce aussi. C’est le moment des premiers établissements de commerce, des premières banques qui donnent au début du XIXème siècle un embryon d’économie industrialisée propre au Japon.

LE BAKUMATSU, LA FIN DU BAFUKU

Mais l’évolution n’est pas comparable aux puissances européennes dont le Japon voit naviguer les puissants navires (Russes, Hollandais, Anglais) au large de ses côtes. En 1853, les navires américains de Perry forcent le Japon à s’ouvrir. Le bakufu est alors mis devant ses faiblesses, notamment économiques, qu’attestent les famines entre 1782-1787 et 1833-1839, la baisse des revenus des seigneurs et enfin un manque de monnaie. En face, certaines principautés à Kyushu connaissent un fort développement économique qui modifie ainsi les rapports de force. Si la nécessité de moderniser l’économie et l’armée ou de s’ouvrir à l’étranger sont des changements qui s’imposent et n’entraînent pas de dissensions fatidiques, la réforme politique qui doit l’accompagner est en revanche sources de divisions radicales entre les tenants d’un maintien du bakufu en l’état, ceux, comme Noriaki et Yoshinobu Tokugawa, partisans d’ un élargissement de sa direction à d’autres daimyo ou des hommes nouveaux, et enfin ceux qui veulent abattre le système, c’est le mouvement tobaku-ha.

Émanation radicale de ce dernier, des groupes réunis sous le slogan sonno-joi “Respect envers l’empereur, expulsion des étrangers”, vont exacerber les tensions par des séries d’assassinats touchant principalement des réformateurs. En janvier 1867, Yoshinobu Tokugawa devient le quinzième shogun. Malgré son passé de réformateur favorable à un élargissement du pouvoir, il suscite la crainte notamment dans les principautés Choshu et Satsuma. Leurs craintes seront confortées par l’accélération de la modernisation de l’armée shogunale, l’alliance de Yoshinobu avec la France et la mise sous tutelle du tout jeune empereur à Kyoto, qui laissent à penser que l’objectif du shogun est une reconquête du territoire et son unification sous ses ordres et non plus une opposition aux Occidentaux,. De facto, Yoshinobu signe la fin du bakuhan. La réaction est politique et militaire : les clans de Kyushu partent à Kyoto “récupérer” l’empereur en janvier 1968. C’est le début de la guerre de Boshin qui aboutit à la reddition de Yoshinobu en mai et signe la fin du shogunat Tokugawa.

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