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INTERVIEW : DIDIER LEBASTARD, EXPATRIÉ AU JAPON DEPUIS 6 ANS

Expatrié depuis plus de six ans, Didier Lebastard nous fait l’honneur de répondre à nos questions et de revenir sur son parcours au Japon, parsemé de belles rencontres et de nouveaux choix de vie. Car sa première expatriation au Japon, à Kyoto plus exactement, a permis à Didier de découvrir une nouvelle voie professionnelle dans laquelle il s’est engouffré avec motivation et plaisir. Il est aujourd’hui professeur de français à l’Ecole Sympa à Tokyo et prodigue, à nos lecteurs, de nombreux conseils et suggestions d’approche pour celles et ceux qui envisagent de quitter la France, un jour, pour s’installer au pays du Soleil Levant.

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Fugujapon ?

Je m’appelle Didier Lebastard, j’ai 35 ans et je suis né à Nantes. Je suis professeur de français à l’Ecole Sympa de Ginza. J’ai vécu trois ans à Kyoto, suivi d’une parenthèse à Paris. Aujourd’hui, cela fait trois ans que je suis à Tokyo. Lorsque j’étais à Kyoto, j’ai eu l’opportunité de travailler dans un salon de thé tout en faisant des traductions ponctuelles. L’idée de devenir professeur de français au Japon m’est venue lorsque j’ai commencé à donner quelques cours dans une petite école privée, pour dépanner tout simplement l’amie d’une amie. Cette expérience m’a beaucoup plu et je suis retourné en France deux ans et demi pour reprendre mes études, me spécialiser et obtenir mon master en FLE. Une fois mes études terminées, je me suis mis à chercher du travail au Japon, à partir de la France, pendant six mois environ.

Racontez-nous le contexte de votre départ de la France pour le Japon.

Après le bac, j’ai entamé des études d’anglais à Nantes. On m’imposait alors le choix d’une seconde langue, du breton à l’espagnol en passant par l’allemand entre autres. Comme j’aimais beaucoup les films japonais, les manga et les jeux vidéo, j’ai alors choisi le japonais comme seconde langue, une langue qui a vite occulté l’anglais. Au bout d’un an, j’ai souhaité me rediriger vers des études de japonais uniquement. Aller à Paris étant plus simple pour ce cursus, je me suis alors inscrit à Jussieu, Paris 7, en licence. Je souhaitais, à l’époque, devenir traducteur français-japonais. J’ai ensuite rencontré ma femme, japonaise, pendant ces trois années d’études. A la fin du cursus, en 2008, je suis parti au Japon avec un visa vacances-travail sans aucune piste professionnelle. J’avais vingt-cinq ans et il était difficile pour moi de trouver facilement quelque chose qui me plaisait. Je ne suis pas resté au Japon pour le travail d’ailleurs, mais plus pour la qualité de vie. Je me suis marié cette année-là et j’ai alors obtenu le visa d’époux.

Quelles ont été vos expériences professionnelles au Japon, de votre arrivée à aujourd’hui ?

J’ai démarré ma première année au Japon par un baito. J’avais découvert une annonce dans mon bureau de Poste qui notifiait la recherche de main d’œuvre, pendant quinze jours, pour trier les cartes de vœux que les Japonais s’envoient en nombre en début d’année. Je parlais déjà bien la langue et j’ai pu obtenir ce premier travail facilement. Ensuite, grâce à Hello Work, j’ai eu l’opportunité de travailler dans un salon de thé, que je n’ai pas quitté pendant mes trois ans à Kyoto. Avec Hello Work, il est possible de demander de l’aide à un conseiller ou de rechercher soi-même du travail parmi les nombreux postes à disposition. Comme j’étais au Japon, j’en ai ensuite profité pour passer mon JLPT2, que j’ai obtenu. Après mes deux années de FLE à Paris, je me suis mis à chercher un emploi de professeur de français depuis la France. Non sans mal, j’ai réussi à trouver un emploi à temps plein à l’Ecole Sympa, qui existe à Tokyo depuis maintenant vingt ans et qui possède cinq écoles à travers la capitale. Cela fait maintenant trois ans que j’y travaille.

Avec Hello Work, il est possible de demander de l’aide à un conseiller […]

Selon votre propre expérience professionnelle, quelles différences notables existe-t-il entre la France et le Japon dans le domaine du travail ?

C’est difficile à dire, car je n’ai eu que deux expériences de travail en France, à Paris, avant mon départ pour le Japon. J’ai travaillé une première fois pour financer mes études, puis une seconde fois pour financer mon premier voyage. Mais le peu de fois où j’ai travaillé en France, je me souviens qu’avec mes collègues, nous étions très proches. A Kyoto, j’ai eu l’opportunité de travailler dans un petit salon de thé, ce qui m’a aidé dans la relation avec les autres employés. Mais en général, au Japon, ce n’est pas la même ambiance, les employés viennent pour travailler, uniquement. Les relations sont tout autres.  

Quelles sont les difficultés qu’un nouvel expatrié peut rencontrer à son arrivée dans l’archipel ?

Sans hésiter, trouver un logement. En effet, même si les Japonais ne l’avouent pas trop, il y a un certain racisme vis à vis du logement. Ce n’est pas la question de la nationalité, c’est plutôt la crainte de l’étranger, comme l’envie d’éviter les problèmes de communication. Ce souci peut engendrer une situation connue des nouveaux expatriés : se retrouver entre étrangers dans les guesthouse du pays, sans pouvoir profiter vraiment de l’expérience avec les locaux. Les progrès en langue sont alors plus difficiles à obtenir. Par contre, si l’on vient dans le cadre des études, il y a plus de chance de rencontrer des Japonais. Mais venir pour trouver du travail, c’est un contexte bien différent. Par exemple, à Kyoto, les postes à pourvoir pour les étrangers se limitaient à certains domaines assez restreints, comme les emplois dans la restauration. Il ne faut pas partir en s’imaginant un monde idéal, un monde où trouver du travail est très facile. Il est plus aisé d’avoir, par exemple, une spécialité ou de maîtriser plusieurs langues pour travailler dans le domaine de l’accueil et des services.

Sans hésiter, trouver un logement.

Le Japon semble vous avoir adopté. Envisagez-vous un retour en France ?

A court et moyen terme, je ne pense pas. En fait, vraisemblablement non, car je me sens très bien ici. Par contre, il arrive que l’on discute de ce sujet avec ma femme, qui, elle, se verrait bien retourner en France. Mais les discussions ne sont jamais concrètes.

Pour conclure cette interview, quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs qui projettent de partir vivre au Japon ?

Je conseille toujours de bien regarder le marché du travail avant de partir. Il faut bien se renseigner sur ce que l’on veut faire. En effet, une fois sur place et sans idée, il est facile de finir dans un domaine professionnel qui ne nous intéresse, au final, pas vraiment. Pour ma part, après mes deux années de reprises d’études, j’ai parcouru de nombreux sites spécialisés pour les professeurs, par exemple. Mais même pour ce type de profession, il faut faire attention. Il y a beaucoup de travail précaire à Tokyo pour les professeurs de français, avec des contrats, en moyenne, de quinze heures seulement. La désillusion peut vite arriver.

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