Digital choc festival Tokyo Samson Sylvain

INTERVIEW DE SAMSON SYLVAIN, LE PILOTE DE DIGITAL CHOC 2018

Du 9 février au 4 mars 2018, la 7ème édition de Digital Choc, festival des nouvelles images et des cultures numériques, débarque à Tokyo à bord du vaisseau explorateur SpaceShip Earth. Intrigués, nous sommes allés à la rencontre de Samson Sylvain, responsable du service artistique à l’Institut français du Japon, qui pilote cette nouvelle édition de Digital Choc, pour lui poser quelques questions et découvrir les coulisses de ce festival unique.

Vous pilotez cette année la 7ème édition du Festival Digital Choc à Tokyo qui s’intitule, en 2018, Spaceship Earth. Que nous réserve ce nouveau cru au titre si intrigant ?

Pour cette 7ème édition de Digital Choc, nous avons commencé à travailler sur la thématique de l’exploration spatiale. De nos jours en effet, de très nombreuses œuvres numériques sont en lien avec les problématiques liées à la compréhension de notre univers. Les artistes, très souvent en relation avec des centres de recherches, vouent une véritable fascination pour toutes les nouveautés scientifiques, nécessitant ainsi un travail en relations étroites avec des scientifiques dans chaque domaine. Une seconde question est aussi entrée dans le processus de la création de la thématique 2018, certes un peu moins traitée, mais tout aussi importante. De quelle manière l’homme influe-t-il sur le monde et sur son environnement ? Je me suis inspiré du titre d’un livre, SpaceShip Earth, pour intituler cette 7ème édition. L’idée était de considérer la Terre comme le dernier vaisseau spatial de l’homme pour traverser l’univers, le seul habitat que nous ayons et qu’il faut absolument préserver. La thématique principale de Digital Choc agit tel un fil rouge, souvent par rapport à l’actualité des arts numériques pour ainsi être en écho avec les préoccupations contemporaines des artistes actuels. C’est en établissant ce fil conducteur que l’on détermine les œuvres du festival.

“L’idée était de considérer la Terre comme le dernier vaisseau spatial de l’homme […]”

Alors que l’édition 2017 explorait la thématique des Machines désirantes, Digital Choc 2018 embarque ses visiteurs dans un univers différent. Comment se déroule le choix du concept d’une année à l’autre ?

C’est véritablement en rapport avec l’actualité des arts numériques que se déroule le choix du concept d’une année à l’autre. Nous faisons très attention aux avancées technologiques qui influencent grandement la création, comme, par exemple, l’Intelligence artificielle (IA). Des artistes s’emparent de logiciels d’IA pour créer de nouveaux rapports avec leur œuvre. Cette technologie traverse d’ailleurs nos éditions, en 2017 particulièrement. Je prêtais également beaucoup d’attention à la question de l’écologie depuis longtemps. Il y a de nombreuses créations dans ce champ-là. Bien que peu connu du grand public, citons, par exemple, le Bio-art, qui considère le code génétique du vivant comme un code et une information lambda. Ce n’est bien sûr aucunement une expérimentation terrible (rire), ce n’est d’ailleurs pas toujours réel. On accueille cette année justement un chercheur, le bio-hacker Thomas Landrain, fondateur d’un incubateur de nouvelles créations (La Paillasse), qui regroupe des artistes, des chercheurs et des philosophes pour réfléchir à l’avenir des biotechnologies. Pour cette 7ème édition, nous travaillons en collaboration étroite avec MeCA (Media Conference in Asia), festival de la Japan Foundation / Asia Center, qui héberge justement un bio-camp, dont Thomas est l’invité.

La programmation est une nouvelle fois très attrayante et toujours aussi ambitieuse. Quelle est la grande nouveauté 2018 par rapport aux éditions précédentes ?

Outre les partenariats avec les festivals MeCA et Media Ambition Tokyo, le festival nantais Scopitone et la Gaité lyrique à Paris, la grande nouveauté de 2018 est le projet ambitieux et unique que l’on a développé autour du jeune public : Cosmokids. C’est un projet centré sur l’univers du jeu vidéo indépendant et les liens entre analogue et numérique via de nombreux événements et workshops. Ambitieux, Cosmokids se compose de plusieurs segments et axes de développement, comme, par exemple, une exposition liée aux jeux vidéo indépendants, sous forme de vaisseau spatial échoué dans les espaces de l’Institut français du Japon – Tokyo ; il propose des bornes d’arcade de jeux pensés en lien avec le design de l’exposition. Des jeux simples et ludiques qui feront tourner les têtes, à l’image de la station de pilotage à taille humaine ou de la cabine de commandement. La scénographie de l’exposition est un jeu en soi. Le 17 et 18 février, trois événements visant spécifiquement le jeune public sont organisés pour l’occasion : le Battle JEVIPO, Révolution graphique, ateliers spectacles pensés autour du dessin, et Radio Minus, une boom unique pour soixante heureux enfants.

“La grande nouveauté de 2018 est le projet ambitieux et unique que l’on a développé autour du jeune public : Cosmokids.”

Avez-vous un coup de cœur particulier cette année pour une œuvre ou un artiste ?

Beaucoup d’œuvres sont créées sur place, ce qui réserve toujours son lot de surprises et de nouveaux coups de cœur. Personnellement, j’avoue en avoir plusieurs pour cette 7ème édition. En musique, par exemple, avec Jacques, musicien électro original qui travaille en live avec des objets du quotidien, comme un vélo, un sifflet ou une bassine. Il enregistre ainsi sur scène des boucles très prenantes et rafraîchissantes, un véritable homme-orchestre qui improvise pour entraîner le public. Il fait pleinement partie de la thématique du DIY (ndlr Do It Yourself), en lien avec la question environnementale, comme une réhabilitation des vieux objets. Le DIY est une véritable tendance populaire chez les artistes plasticiens. Jacques est le symbole de cet esthétisme de la récupération. En ce qui concerne les installations, nous avons encore cette année des créations ambitieuses, comme l’œuvre de Joanie Lemercier à la Tour Mori. Très impressionnante, elle crée de toutes pièces un paysage naturel hyper réaliste grâce à des jeux de lumière et de mapping. Cette construction, entièrement réalisée à partir d’algorithmes, se joue de la nature et tente de la reproduire via le numérique. Quant à Timée, œuvre philosophique de Guillaume Marmin, elle nous plonge dans une épopée spatiale de sons et de lumières, en s’inspirant d’un concept développé par Platon appelé la musique des sphères.

D’ailleurs, comment sélectionne-t-on les artistes et leurs différentes installations quand on pilote un tel festival ?

Je dirais que c’est avant tout un mix de plusieurs facteurs. Nous avons tout d’abord la thématique principale qui se dessine au commencement du projet et qui nous aide à assurer ensuite la sélection. Je prête dès lors attention à ce qui se fait en France, par exemple, dans les différents festivals et programmations diverses. J’entame ensuite la sélection des différents projets qui nous semblent les plus intéressants. Nos envies nous guident également, surtout lorsque nous n’avons pas pu mettre en place une œuvre dans une édition précédente, parce que l’occasion ne s’est pas présentée, comme pour Joanie Lemercier que je connais pourtant depuis quelque temps. Il faut alors analyser les moyens et les espaces en notre possession, mais aussi les artistes et nos collaborateurs. Nous essayons chaque année d’inviter de nouveaux artistes pour des éditions toujours originales. Les collaborations entreprises chaque année nous aident à présenter des œuvres plus ambitieuses, car de nombreux festivals japonais sont véritablement intéressés pour présenter des artistes français sur la scène tokyoïte.

Les jeux vidéo ont une place importante dans la programmation 2018. Est-ce un thème qui vous tient à cœur ?

Pour être franc, nous ne sommes pas en mesure de soutenir une industrie qui est déjà autonome. Digital Choc n’est pas dans une optique commerciale ou industrielle. Mais, en même temps, nous avons dans nos missions, en tant qu’Institut français, de faire la promotion de la création française dans ce domaine-là aussi. Artistiquement parlant, nous nous sommes tournés vers l’univers du jeu vidéo indépendant, pour découvrir ce qui se faisait et créer des nouvelles collaborations avec le Japon. Nous avons ainsi pu organiser une rencontre entre le mythique Eric Chahi, créateur de Another World, et  Mizuguchi, créateur de jeux vidéo comme Rez ou Child of Eden et créateur indépendant, qui a débouché sur des échanges et des collaborations. Les jeux vidéo de l’exposition CosmoKids sont parfois très simples, mais proposent avant tout une expérience festive et ludique en lien avec l’exploration spatiale, en lien direct avec le thème de cette 7ème édition.

Avant que nous embarquions pour de bon dans le vaisseau, quelles sont, selon vous, les clés pour appréhender de façon optimale ce voyage 2018 ?

La curiosité, sans hésiter. Car, même si toutes les propositions suivent un fil directeur commun, le festival aborde, à travers ce prisme, des œuvres très différentes dans leur nature, que ce soit des œuvres visuelles, des œuvres contemplatives ou des expositions ludiques et des ateliers orientés jeune public. Il s’agit d’ouvrir les yeux et de ressentir comment les artistes envisagent le monde et travaillent sur notre perception.

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