DÉMISSION DU PDG DE KOBE STEEL SUITE À UN SCANDALE DE DONNÉES TRUQUÉES

Mardi 6 mars 2018, lors d’une conférence de presse, Hiroya Kawasaki, PDG du troisième groupe sidérurgiste japonais, Kobe Steel, a annoncé sa démission ainsi que celle du vice-président, Akira Kaneko. Cette décision intervient après la divulgation au mois d’octobre 2017 d’un scandale portant sur la publication par l’entreprise de données falsifiées.

CINQ MOIS D'ENQUÊTE ET DES DÉCENNIES DE DUPERIE

Une fraude d'envergure dans cette entreprise japonaise

Le 9 octobre 2017, dans le sillage d’autres entreprises japonaises comme les fabricants d’airbags Takata, de textiles industriels Toray ou bien Mitsubishi Motors, le sidérurgiste Kobe Steel annonçait au travers d’un communiqué de presse que l’entreprise avait elle aussi truqué des données concernant certains de ses produits, principalement des pièces en aluminium et en cuivre. Selon le communiqué, cette découverte aurait été le résultat d’une enquête interne et aurait concerné 4% de ses produits, soit 9 300 tonnes de produits en aluminium, 2 200 tonnes de produits en cuivre et 19 400 unités en aluminium moulé et forgé, expédiées à quelques 200 clients entre septembre 2016 et août 2017. Le communiqué ajoutait que cela aurait été fait pour satisfaire aux demandes des clients sans avoir d’incidence sur la qualité ou bien la sécurité du produit. Mais mardi 6 mars 2018, le PDG du groupe fondé en 1905 a dû admettre devant les conclusions d’une enquête externe de quatre mois que ces fraudes étaient plus étendues qu’annoncées et qu’elles impliquaient six nouvelles usines.

Changer la culture de Kobe Steel

L’enquête a révélé aussi que les fraudes ne duraient pas depuis quelques mois mais plusieurs décennies, remontant ainsi au début des années 70, et qu’elles avaient touché bien plus d’entreprises clientes. Reconnaissant une “culture de la fraude” au sein de l’entreprise de presque 37 000 employés, Hiroya Kawasaki, 64 ans, dont 38 dans la société et directeur depuis 2013, a annoncé sa démission ainsi que celle d’Akira Kaneko, le vice-président et chef des divisions aluminium et cuivre. Il a aussi appelé à un renouvellement de l’équipe de direction pour que de nouvelles pratiques soient mises en place. La société a ainsi démis de leurs fonctions quatre autres responsables quand un cinquième, Seiji Hirata, a vu sa rémunération coupée de 80% pour quatre mois. Il a aussi été annoncé qu’il sera demandé à deux anciens directeurs de retourner une partie de leurs rémunérations. Pour regagner la confiance des clients et actionnaires, l’organisation de la société devrait enfin être réformée (disparition du poste de directeur exécutif, ouverture du conseil d’administration pour un tiers à des éléments extérieurs…) et une nouvelle direction devrait ainsi être mise en place le 1er avril.

UN SCANDALE PEUT-ÊTRE PLUS ENNUYEUX POUR LE JAPON QUE POUR KOBE STEEL

Un scandale qui écorne l'image de l'industrie japonaise

L’annonce du PDG intervient alors que l’année fiscale japonaise se termine et que paradoxalement, début février, l’entreprise a annoncé qu’elle relevait ses prévisions annuelles avec un chiffre d’affaire estimé à 1 890 milliards de yens (environ 13 milliards d’euros). Contrairement à d’autres entreprises qui avaient dû faire face à des retours de produits défectueux leur coûtant excessivement cher, Kobe Steel estime que ces produits ne présentant aucun risque de sécurité, le coût du scandale ne dépassera pas les 10 milliards de yens. Le 28 février, l’action de Kobe Steel était d’ailleurs remontée à 1 222 yens après avoir chuté à 805 perdant plus de 40% le 13 octobre 2017. Néanmoins, suite à l’annonce de la démission du PDG de la société elle a tout de même perdu de nouveau 10%. Si la société semble donc en mesure de supporter cette affaire, l’image de l’industrie japonaise est en revanche encore un peu plus écornée. Non seulement cette affaire s’ajoute à d’autres comme on l’a vu, mais comme fournisseur d’entreprises automobiles, aéronautiques, ou de construction certains de ses clients peuvent indirectement subir les conséquences de l’annonce de l’utilisation de pièces défectueuses

Une affaire qui tombe au mauvais moment pour les diplomates japonais

C’est pourquoi de nombreuses entreprises, comme Airbus, Renault ou PSA ont rapidement démenti tout lien avec le sidérurgiste japonais lorsque le journal Nikkei a publié en octobre une liste erronée de clients potentiels. En revanche les constructeurs automobiles japonais n’ont pas eu cette possibilité et l’affaire Kobe Steel est venue s’ajouter aux propres fautes de certaines comme Toyota ou Nissan, elles mêmes en proie à des affaires d’analyses falsifiées. Ce sont au total 605 firmes dont plus de 400 japonaises qui ont été impactées. Cette affaire tombe aussi à un très mauvais moment pour les diplomates japonais qui essaient depuis des semaines de faire renoncer Donald Trump à son projet de taxer les importations aux États-Unis de cuivre de 10% et d’acier de 20%. Un président américain qui a maintenant beau jeu de justifier sa décision par un impératif de sécurité national, comme dans son Twitt du 5 mars : “To protect our country we must protect American Steel” (pour protéger notre pays nous devons protéger l’acier américain) !

Photo d’illustration : capture vidéo Youtube AFP news agency

PARTAGEZ AVEC CEUX QUE VOUS AIMEZ !
Facebook
Twitter
Google+
LinkedIn
Pinterest
Email
WhatsApp
Print
NE MANQUEZ SURTOUT PAS...
ABONNE-TOI !
QUIZ DU JOUR !
LE JAPON EN UN CLIC

Vous avez besoin d’aide et d’infos ?
Nous sommes justement là pour ça !
Consultez tous nos articles pratiques ou contactez-nous directement si vous n’avez pas encore trouvé ce qu’il vous faut.

ARTICLES

SERVICES

CONTACT

POUR VOTRE CULTURE

les archives du Japon

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !
RECEVEZ TOUTES LES NEWS DU JAPON !
GARDONS LA LIGNE !

Des questions ?
Fugujapon vous répond !

FUGUJAPON

〒162-0824
東京都新宿区揚場町2−20
嶋田ビル3F

Copyright © Fugujapon. All Rights Reserved.
Site internet francophone au Japon: France l Belgique l Suisse l Canada l Afrique