LE SHOJO MANGA

Le shojo manga est un manga qui vise principalement les filles et les adolescentes. Il explore, lui aussi, de nombreux thèmes : action, aventure, histoire, vie quotidienne, romance, etc. L’amour reste cependant le genre de prédilection. Il peut être le sujet principal de l’histoire ou servir au développement d’autres thèmes : les problèmes familiaux, la solitude, le deuil, les discriminations, l’amitié, le changement de vie. Là où un shonen manga (manga destiné aux garçons) mettra en avant l’action pure, le shojo manga, lui, développera davantage la psychologie des personnages. Les histoires sont fouillées, mettent en avant des héroïnes en proie aux difficultés. Loin d’être passives, elles sont actrices de leur vie. Ici, les autrices de shojo manga jouent un rôle important. Elles sont bien décidées à proposer aux filles des histoires qui les galvanisent autant qu’un shonen manga.

DES HISTOIRES DE FILLES FRAGILES

Les débuts masculins du shojo manga

Aux balbutiements du shojo, les autrices sont principalement des auteurs. Ce sont les hommes qui dessinent et écrivent les shojo manga. Ils présentent souvent des histoires de jeunes filles, bien éduquées, douces et discrètes. Dès les années 40, l’illustrateur Nakahara Jun’ichi (1913-1983) donne sa vision de la femme moderne, fragile et délicate. En 1946, il crée sa première revue, Soleil. Nakahara veut faire rêver les filles, en ces périodes sombres. Après la guerre, il poursuit sa vision, s’ouvre à la mode occidentale, qu’il présente à ses lectrices. Véritable précurseur en matière de mode, Nakahara crée des émules et inspire d’autres artistes. A cette vision stylisée, et quelque peu figée, voire passive, du personnage féminin, d’autres auteurs tenteront d’opposer une image plus active. En 1953, Tezuka Osamu sort le mangaRibbon no Kishi” (“Princesse Saphir”), ou le périple d’une jeune princesse devant combattre pour monter sur le trône.

La féminisation du shojo manga

Les femmes aussi combattent, et s’imposent peu à peu dans le paysage manga. Nous sommes dans les années 60 et la vapeur s’inverse doucement : les dessinatrices montent sur le devant de la scène. Les éditeurs publient enfin leurs œuvres, qu’ils jugent plus crédibles que celles de leurs homologues masculins : des filles qui dessinent pour des filles, c’est sans doute plus simple ! Néanmoins, certains éditeurs veillent toujours à ce que les œuvres des femmes collent à leur vision de la jeune fille. Des histoires, oui, mais des histoires honnêtes, avec des demoiselles bien élevées, dociles, discrètes et fragiles. Pas de combats, de science-fiction, et autres bizarreries viriles. Il s’agit d’éduquer la demoiselle. S’ils parviennent, dans un premier temps, à contraindre les autrices, les incitant à produire des romances fantasmées, dans un Occident idéal, très vite, les femmes revendiquent le droit de créer. Elles sont libres, au moins autant que les hommes. Elles aussi ont vécu les horreurs de la guerre. Elles aussi veulent parler, et montrer leur vision du monde. Elles aussi veulent encourager les filles à prendre leur destin en main, à croire en leurs rêves, à se battre, pour demain.

LES FEMMES RÉVOLUTIONNAIRES

Les pionnières du shojo manga

En 1968, Urano Chikako fait découvrir aux filles le volley ball, avec son manga “Attack number one !” (Les Attaquantes) : les filles aussi, ça transpire ! Quelques années plus tard, Miuchi Suzue transporte son public dans l’univers palpitant du théâtre, avec son titre “Glass no Kamen” (“Laura ou la passion du théâtre”, en cours de parution depuis 1976). Son héroïne, Maya, rêve d’une grande carrière d’actrice. Son acharnement la hissera au rang de modèle. Aujourd’hui encore, “Glass no Kamen” jouit d’une impressionnante popularité. La vague “shojo manga” continue dans les années 70, avec, toujours, cette envie de toucher à tous les thèmes. L’époque est particulièrement marquée par un groupe d’autrices, rapidement élevées au rang de pionnières du shojo manga, et même, du manga tout court. Ce groupe, surnommé le “Groupe des Fleurs de l’An 24” (la majorité des membres étant nées vers 1949, qui correspond à l’an 24 de l’ère Showa), rassemble des révolutionnaires : Hagio Moto, Takemiya Keiko, Ikeda Ryoko… Toutes ces femmes ont un point commun. Elles revendiquent leur liberté. Brisant les codes, elles ont créé des œuvres devenues cultes, portant le personnage féminin au rang d’héroïne à part entière, avec des rêves, des ambitions, des combats, de l’amour.

Des héroïnes puissantes pour évoquer des thèmes forts

Avec le futuriste “Zoku 11 nin iru” (“Nous sommes onze” de 1975) d’Hagio Moto, nous suivons l’aventure de l’intrépide Flore, coincée avec d’autres sur un vaisseau, avec la mort pour seul horizon. Côté romance, la mangaka, ou autrice de manga, signe le chef d’œuvre “Thomas no shinzo” (“Le cœur de Thomas”) en 1975. Ce drame historique nous questionne sur le deuil, la solitude, l’amour, la discrimination. Des thèmes forts, raisonnant encore aujourd’hui. Autre pionnière, Ikeda Ryoko a marqué de nombreuses générations, avec son manga phare “Versailles no Bara” (“La Rose de Versailles”, 1973). La mangaka revisite la révolution française, à travers les yeux d’Oscar François de Jarjayes, capitaine de la garde royale. Oscar est une femme, la seule, dans un univers masculin. Héroïne virile et charismatique, elle continue d’inspirer de nombreuses jeunes filles, et femmes, à travers le monde. C’est aussi ça, le shojo manga. S’il reste des séries engoncées dans les carcans, peuplées de jeunes filles candides et passives, nombre d’autrices proposent des manga à contre-courant. Et quand l’amour est le thème principal, il est traité avec brio. Sans se comparer à leurs homologues masculins, les héroïnes de shojo manga vivent, elles aussi, des aventures palpitantes. L’on peut facilement s’identifier à elles. Leur courage nous pousse à croire, nous aussi. Ces héroïnes surmontent leurs épreuves, et révolutionnent leur univers. Et la révolution continue. En 1999, le manga rock “Nana” devient un phénomène mondial. L’on suit le destin de deux colocataires portant le même nom, Nana. Mais l’une est une rockeuse rebelle, quand l’autre est plus ordinaire, jeune femme déçue en amour. “Nana” fédère : filles et garçons se passionnent pour les aventures des deux héroïnes.

 

Les shojo manga continuent d’étonner, n’hésitant pas à brouiller les codes, à questionner sur les genres féminins et masculins, avec des titres comme le mignon et touchant “Otomen” (2007) ou le sombre et tortueux “L’infirmerie après les cours” (2005). Le manga “Skip beat !” (2002), joue, lui aussi, sur les codes du genre, mêlant action et comédie, dans le monde sans pitié du show-business ! Kyoko incarne une anti-héroïne pétrie de vengeance, complètement déjantée, aux antipodes de l’image de la jeune fille fragile. L’amour sert aussi à combattre les clichés. Succès des années 2010, la comédie romantique “Telle que tu es”, avec sa romance entre une héroïne ronde et un garçon mince, nous envoie un message fort. L’amour ne se mesure pas au tour de taille ! Les manga shojo et shonen rassemblent. Les filles et les garçons se retrouvent, dans des histoires où des héroïnes et héros de leur âge se battent pour leurs rêves d’adolescents.

Photo d’illustration : capture vidéo Youtube Nessy – OjeekuMagazine

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