
Les Josei et Seinen manga sont des manga destinés à un public différent des Shonen et Shojo manga : un public plus âgé, plus adulte. Les genres sont encore différenciés : les jeunes femmes ont leurs manga, les josei manga, et les jeunes hommes ont les seinen manga. Contrairement à ceux qu’ils lisaient quand ils étaient plus jeunes, les josei et seinen manga abordent des sujets différents, plus sérieux, dans lesquels les thèmes sont abordés de façon plus tranchée et souvent plus violente, avec des personnages plus élaborés et un côté psychologique plus recherché.
Les filles devenues femmes lisent des josei manga (女性 , de josei qui signifie femme). Si les josei manga partagent les thèmes développés dans les shojo manga, les manga destinés aux jeunes filles (vie quotidienne, fantasy, fantastique, action, historique etc.), ils présentent des histoires plus subtiles, plus complexes. Problèmes financiers, chômage, célibat, parentalité… La psychologie des personnages, est, elle aussi, plus travaillée. Et quand on parle d’amour, on ira plus loin dans les relations. Les femmes sont matures et les questions relatives à la sexualité sont abordées de manière plus franche.
On assiste ces dernières années, à un boom des josei manga peuplés de trentenaires célibataires qui ruminent ou rient, avec les difficultés de la vie quotidienne et les petits plaisirs d’après-dîner. Comme pour briser définitivement l’image de la femme parfaite, ces héroïnes, comme l’indécise Ichiko (“Brainstorm seduction“, 2009) la malchanceuse, et très drôle, Michiko (“Please love me !“, 2013), nous montrent que les filles hurlent, rotent, rient fort, qu’elles sont ambitieuses et veulent la belle vie, qu’elles galèrent et persévèrent ! Les garçons aussi galèrent et persévèrent.
En grandissant, les garçons changent aussi de lecture et lisent des seinen manga (青年 de seinen qui signifie jeune adulte). Le seinen, le pendant du josei adapté aux jeunes hommes, explore les mêmes thèmes que le shonen manga, en version plus travaillée. La violence, tant psychologique que physique, peut avoir une part plus importante. Quasi absente des shonen, la romance pourra être abordée, dans les seinen, de manière crue, voire érotisée. Le genre se structure dès la fin des années 60, avec “Golgo 13”, le sombre tueur à gages. La série fleuve de Saito Takao (en cours de publication depuis 1968) est entrée dans la légende.
Légende toujours, avec le manga mythique Akira, d’Otomo Katsuhiro (1984), qui met en scène une jeunesse livrée à elle-même, dans un monde post-apocalyptique. Le seinen fait la part belle au thriller, au suspense : médecin accusé de meurtre (“Monster“, 1995), traumatismes de l’enfance (“Erased“, 2012), boxe et conflits politiques (“Levius“, 2012), violence et usuriers (“Ushijima“, 2004)… Le seinen manga aborde souvent des sujets plus durs. Et parce que les adultes ont aussi besoin de se détendre, le seinen propose des comédies originales, à l’instar du manga à succès “Les vacances de Jésus et Bouddha”. En cours de parution depuis 2008, le manga, crée par l’autrice Nakamura Hikaru, nous interroge. On rit et on réfléchit sur nos sociétés toujours pressées. On court après un bonheur qui est peut-être juste devant nous.
Le bonheur, c’est aussi la liberté d’écrire pour tous. Comme le revendiquaient les pionnières du shojo manga, nombre d’autrices et d’auteurs se sont démarqués, pour proposer des manga s’affranchissant des codes du shojo et du shonen. Les femmes ouvrent la marche. Pour renouveler un genre shonen qui tend parfois à s’essouffler, pourquoi ne pas créer des manga pour garçons… écrits par des femmes ! Le pari est largement remporté par les mangaka, qui livrent des histoires captivantes. “FullMetal Alchemist“, d’Arakawa Hiromu (2002), “Pandora Hearts” de Mochizuki Jun (2006), “D Gray Man“, de Hoshino Katsura (2006)… Leurs manga rassemblent filles et garçons, femmes et hommes. Toutes les barrières sont franchies, sauf, peut-être, celle du personnage principal : c’est un garçon ! Les manga pour garçons montrant une héroïne restent rares. Mais le changement est là, et se poursuit. Plusieurs manga, estampillés “seinen“, “shojo” “josei” ou “shonen“, bousculent les codes, en écrivant des histoires s’adressant tant aux femmes qu’aux hommes.
En 2007, le manga josei “Un drôle de père”, captive un public féminin et masculin. Dessiné par une femme, Unita Yumi, il conte les galères de Daikichi, qui se retrouve brusquement père d’une petite fille. Catégorisé “seinen“, le manga “Père et fils” (2014), de la mangaka Tagawa Mi, raconte, lui aussi, les aventures d’un père maladroit et de son fils, attachant et espiègle. Là encore, le succès est au rendez-vous : femmes et hommes se retrouvent dans cette histoire familiale. “Les vacances de Jésus et Bouddha” de Nakamura Hikaru s’inscrit dans cette mouvance. Tout comme les œuvres du célèbre et regretté Taniguchi Jiro (“Le journal de mon père” de 1994, “Quartier lointain” de 1998). Les manga historiques aussi rassemblent le plus grand nombre : le seinen manga “Emma” (2002), de l’autrice Mori Kaoru, raconte une histoire d’amour impossible, dans l’Angleterre du XIXème siècle. Higashimura Akiko, elle, met un groupe d’anti-héroïnes à l’honneur, dans sa comédie “Princess Jellyfish” (2009). Entre travestissement, déboires de chômeuses, et passions étranges, le josei parle à tous. Car nous sommes tous l’étrangeté de quelqu’un. Sur fond de quiproquos hilarants, l’autrice prône la tolérance.
Photo d’illustration : capture vidéo Youtube Near Mint Condition
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