SHINTOÏSME ET BOUDDHISME : RÈGLES À RESPECTER AU JAPON

Le bouddhisme et le shintoïsme sont les deux religions dominantes du Japon et elles cohabitent plutôt bien. Il faut dire que les Japonais ne sont pas spécialement attachés à une religion en particulier et peuvent aller durant une journée prier Bouddha pour ensuite aller rendre hommage à un dieu shinto. C’est ainsi que dans l’ancienne capitale impériale, Kyoto, aujourd’hui capitale culturelle et spirituelle de l’archipel nippon, temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes cohabitent en totale harmonie. Autant prisés par les pratiquants que par les touristes étrangers pour leur beauté sans égale, ces lieux de culte exigent évidemment le respect du silence en toutes circonstances et répondent à des règles qu’il vous faudra suivre si vous souhaitez y mettre les pieds. Celles-ci sont généralement rappelées à l’entrée du domaine sacré, surtout s’il est très touristique, mais il est bon de les connaître avant de les visiter.

LE SHINTOÏSME

La foi indigène des Japonais

Avec des origines très lointaines mais non précisément définies, c’est la plus ancienne forme de croyance du peuple japonais. Le mot “shinto” (“la Voie des Dieux”) a été adapté de l’écriture chinoise “shén dào” qui combinait deux caractères chinois : “shin“, qui veut dire “kami” (dieu), et “to” ou “do” qui signifie un chemin philosophique ou une étude. La religion est née avec l’avènement de la civilisation japonaise et s’est progressivement développée au fil des siècles jusqu’à l’époque moderne. Le mot shinto est d’abord apparu dans le Nihonshoki (“les Chroniques du Japon”) au début du VIIIème siècle, avec l’intention de distinguer cette foi indigène des religions nouvellement parvenues au Japon, le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme.

En règle générale, le shinto est plus qu’une religion. Il englobe les idées et les attitudes qui sont devenues au fil du temps la manière dont le peuple japonais voit et fait les choses. Depuis les temps les plus reculés, celui-ci vénère et voue un culte à tous les dieux, aussi bien célestes que terrestres, tels les arbres, îles, rochers ou montagnes (le Mont Fuji en est l’exemple parfait). Le shintoïsme, contrairement aux autres grandes religions, n’a pas de fondateur et ne possède pas non plus d’écritures ou de textes sacrés.

Les règles avant d'entrer dans un sanctuaire au Japon

Par le shintoïsme, les Japonais payent aussi respect et gratitude à leurs ancêtres qui peuvent être ainsi déifiés. Car il n’y a pas un dieu exclusif dans cette religion mais une multitude. Et les sanctuaires sont les lieux sacrés où l’on peut venir les honorer. Pour marquer la frontière entre le divin et l’humain, l’éternel et le temporel, des portes (“torii“) souvent immenses sont dressées, telles celles de Meiji Jinguu au cœur de Tokyo. Une des images les plus pittoresques du Japon est d’ailleurs celle du torii rouge de Miyajima, au large d’Hiroshima, qui a ses pieds dans l’eau quand la marée est haute. La couleur vermilion est censée éloigner les mauvais esprits. Une fois passée la porte sacrée, les voies divines s’offrent à vous et le temps semble ne plus avoir d’emprise. Mais avant de pénétrer dans l’enceinte du sanctuaire, appelé jinja en japonais et shrine en anglais, la règle du chozuya doit être respectée dans le but de purifier son corps. Il s’agit d’un bassin dans lequel vient se jeter une eau pure et au bord duquel se trouvent des louches. Vous n’aurez souvent qu’à observer les Japonais autour de vous mais connaître les règles avant ne fait jamais de mal :

  • Prenez une louche de la main droite et remplissez-la
  • Versez un peu d’eau sur votre main gauche
  • Répétez l’opération en changeant de mains
  • Reprenez la louche de la main droite et versez de l’eau dans la paume de votre main gauche
  • Prenez une petite gorgée pour rincer votre bouche mais ne buvez pas. Recrachez l’eau à l’extérieur du bassin principal
  • Avec l’eau restante, essuyez encore votre main gauche
  • Replacez la louche la face en-dessous.

Faire des voeux auprès des dieux et kami japonais

Une fois purifié(e), vous pouvez pénétrer dans l’enceinte sacrée. Attention encore à ne pas mettre le pied sur la marche centrale sous la porte d’entrée et à bien l’enjamber. Laissez-vous alors transporter et visiter à votre gré le sanctuaire, du moins ce qui peut l’être. Quelle que soit votre religion ou votre ressenti, si vous désirez prier les dieux du sanctuaire, dirigez-vous vers le bâtiment principal. Veillez à ne pas prendre de photos de l’intérieur. Des panneaux pourront vous l’indiquer et le personnel du temple veillera même à cela. On ne rigole pas avec le sacré et les photos des objets les plus importants du culte shinto sont interdites. Une fois devant le hall central, vous n’aurez bien souvent qu’à observer et suivre ce que les Japonais font devant vous, comme à Hikawa Jinja, mais voici les règles à connaître :

  • Jetez dans le bac votre offrande. C’est selon vos désirs mais une pièce de 5 ou 10 yens peut suffire
  • Inclinez-vous deux fois dans une attitude de respect aux dieux
  • Tapez deux fois des mains
  • Inclinez-vous une troisième fois pour montrer votre gratitude et prier pour la réalisation de vos souhaits.

Il existe aussi des ema (絵馬), des petites plaques en bois qui reçoivent des vœux et que vous pourrez acheter entre 500 et 1000 yens dans la boutique du sanctuaire, avec porte-bonheur, statues, symboles religieux et autres souvenirs. Vous n’avez qu’à inscrire votre message dessus, dans la langue que vous souhaitez, et l’accrocher à l’endroit aménagé. De même, si le cœur vous en dit, les omikuji (御神籤・御御籤・御仏籤) vous permettront de découvrir une divination grâce à de petits bouts de papier disponibles pour 100 ou 200 yens, que seul le hasard choisira pour vous et qu’il vous faudra laisser au temple si le message (en japonais, souvent traduit en anglais) est négatif. Ne vous laissez pas décevoir dans ce cas, profitez plutôt de l’instant et du lieu sacré dans lequel vous vous trouvez en laissant derrière vous la mauvaise fortune !

LE BOUDDHISME

Installation du bouddhisme comme religion d'État

Le bouddhisme est une des cinq grandes religions présentes sur notre planète avec l’hindouisme, le christianisme, l’islam et le judaïsme. Importé de Chine et de Corée entre 538 et 552 sous le patronage du prince Shotoku, fils de l’empereur Yomei et régent à la Cour impériale, le bouddhisme, qui perça alors dans les milieux aristocratiques et devint un des éléments centralisateurs du pouvoir impérial, fut déclaré religion d’État en 592. Il a rapidement commencé à influencer la vie des Japonais et, comme il n’y avait pas de conflit entre lui et le shintoïsme, les deux religions ont fini par fusionner. Même dans le palais impérial, l’empereur du Japon vénérait Bouddha, qui a alors été transformé en divinité japonaise, ainsi que les kami shinto. Au VIIIème siècle, les temples ont souvent été attachés aux sanctuaires. Cette fusion est appelée “Shin-Butsu-Shugou” et cet état a continué jusqu’au décret de séparation des deux religions de 1868.

C’est la raison pour laquelle beaucoup de Japonais ne font pas une distinction claire entre les temples bouddhistes et les sanctuaires shintoïstes et vénèrent aussi bien Bouddha que les kami. Ils ont pour la plupart une vision neutre de la religion et se déclarent autant de l’une que de l’autre. Il est dit que les événements de la vie sont gérés par le shintoïsme et que ceux de la mort ou de “la vie après la mort” sont régis par le bouddhisme. Il est alors facile d’imaginer que la plupart des Japonais qui participent à des rituels shintoïstes prennent également part aux cultes bouddhistes sans aucun souci et que les statistiques nous révèlent des chiffres dépassant largement le nombre réel de citoyens japonais. En 2005 par exemple, selon l’Agence pour les Affaires culturelles du Ministère de l’éducation, de la culture, des sports, des sciences et des technologies, ont été comptabilisés au Japon 107 millions de shintoïstes et 91 millions de bouddhistes, pour un peu plus de 127 millions d’habitants (source : National Institute of Population and Social Security Research – septembre 2008) !

Les règles à respecter en visitant un temple au Japon

Le temple Senso-Ji est le plus ancien et le plus grand de Tokyo. Vous ne pourrez y passer au travers si vous venez visiter la capitale japonaise tant le lieu est touristique, le quartier traditionnellement superbe, le temple magnifique et l’atmosphère chargée spirituellement. Surtout si vous êtes à Tokyo en mai avec son matsuri très réputé. Après avoir traversé la porte principale et vous être dirigé vers le bâtiment central du temple, il faut connaître et respecter les règles avant de rendre hommage à Bouddha. Vous retrouvez comme pour le sanctuaire le bassin avec exactement les mêmes règles de purification par l’eau. Pensez toujours à bien prendre l’eau qui coule des fontaines et à ne pas l’ingurgiter. En plus de l’élément minéral, l’encens joue également un rôle de purificateur.

C’est une attraction de Senso-Ji, son grand encensoir devant lequel les pratiquants et curieux viennent humer la fumée et s’en disposer autant que possible sur la tête, le corps et les membres. Dans son aura mystique, la fumée qui se dégage de cet encensoir serait également source de guérison si elle est dirigée vers la partie atteinte. Ce n’est qu’une fois votre corps purifié que vous pouvez atteindre le hall central. Les mêmes règles de silence et d’interdiction des photos à l’intérieur s’appliquent évidemment. Pour prier dans les temples, il n’est pas besoin de taper dans les mains. Une simple offrande et une inclinaison suffiront, mais si vous accompagnez ce geste par trois bâtonnets d’encens à brûler, votre âme ne s’en portera que mieux. Les ema ne se retrouvent pas dans les temples mais les omikuji et autres porte-bonheur sont également présents. Sans compter l’avenue qui mène au temple d’Asakusa qui vous offrira une large gamme de souvenirs, pas forcément dans le thème religieux ceux-là.

 

Que vous visitiez sanctuaires ou temples au Japon, vous ne devriez pas être déçu(e) tant les lieux sont beaux et l’atmosphère spéciale. Avec un peu de chance, vous pourriez même y tomber pendant la célébration d’une cérémonie ou d’un mariage. Dans tous les cas, pensez à bien respecter les règles de bonne conduite. Les Japonais alentours et les dieux n’en seront que plus honorés de voir que des étrangers, sans lien avec la religion à laquelle ils viennent se confronter, se tiennent prêts à respecter scrupuleusement les règles associées à leur culte.

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